Histoire
Bien que l’histoire de la contribution des francophones à l’histoire du Nunavut reste largement à écrire, on peut remarquer qu’un bon nombre d’entre eux ont joué un rôle important dans le développement de la région. La présence historique des francophones dans l’Arctique commence dès le 17e siècle. On retrouve en effets des francophones parmi les baleiniers et les marchands de fourrures entre le 17e et le 19e siècle. Puis leur présence s’accentue au début du 20e siècle. On se souviendra particulièrement du capitaine Joseph Elzéar-Bernier, capitaine de navire chevronné, explorateur et chef des premières patrouilles fédérales à naviguer dans les eaux de l’Arctique de l’Est. Bernier et son équipage, à partir de 1904, ont « mis le Canada sur la carte » et créé des liens forts avec les Inuits du territoire actuel du Nunavut. On peut aussi mentionner l’importance de certains missionnaires comme celle du père Guy Marie de Rousselière, Ataata Marie, archéologue et passionné de la culture inuite, ou encore du Père André Steinmann qui, avec l’aide des représentants du gouvernement du Québec et des caisses Desjardins de Lévis a fondé la première coopérative nordique qui a mis fin au monopole de Compagnie de la Baie d’Hudson dans le Nord.
Un peu plus tard, plusieurs intellectuels et académiciens ont aussi marqué la région. On peut noter Louis Edmond Hamelin, fondateur du Centre d’études nordiques de l’Université Laval, nommé au Conseil des TNO et grand penseur de la nordicité. On doit aussi souligner le travail de Louis-Jacques Dorais de l’Université Laval, directeur de la Revue d’études inuit et spécialiste de la langue inuite. Il ne faudrait pas oublier également Bernard Saladin d’Englure, anthropologue de renommée internationale.
Plusieurs francophones restent inconnus. Venus largement du Québec, ils ont participé activement au développement de l’Arctique. Un grand nombre d’entre eux ont contribué à la construction de grands projets comme les bases militaires pendant la Seconde Guerre mondiale et, plus tard, la ligne DEW dans les années 50 ou encore la construction de la ville de Frobisher Bay, devenu la capitale du Nunavut, Iqaluit.
Aujourd’hui encore, un nombre important de francophones travaillent dans les mines de Agnico Eagle et Mary River. Et c’est sans compter les nombreux francophones qui travaillent dans la fonction publique, ou ceux encore qui ont établi, principalement à Iqaluit, des entreprises prospères qui contribuent au développement économique de la ville et de la région, sans parler des nombreuses enseignantes et des éducatrices qui continuent de s’engager avec passion dans l’éducation des Franco-Nunavois et dans leur intégration à la vie sociale en français au Nunavut.
Histoire de la création de l'AFN
L’histoire de l’Association francophone (hyperlien) commence dans les années 1980. C’est plus de 40 ans d’histoire d’une association essentiellement constituée de nomades qui vont, qui viennent et qui se succèdent au fil des arrivées et des départs. Certains restent, ou même reviennent, mais pour combien de temps? Et pourtant, ce sont ces migrants qui, chacun à leur manière, ont et continuent d’insuffler à l’AFN son énergie, sa persévérance et sa volonté de toujours repousser les limites du possible.Née du besoin de se rassembler et de faire rayonner la culture francophone, l’association a longtemps été menée des bénévoles qui se sont à la fois amusés énormément, et qui se sont retroussé les manches pour travailler dur et lutter pour leurs droits. La saga Radio-Canada et la fondation de la radio communautaire (hyperlien), de même que l’histoire du Franco-Centre (hyperlien) témoignent de cet engagement et de cette volonté de vivre pleinement la culture francophone. Le dossier de l’éducation en français (hyperlien) a aussi monopolisé énormément d’énergie et accouché d’accomplissements fabuleux au cours des 40 dernières années.Si des dossiers comme l’éducation en français, la création du centre communautaire ou de la radio ont drainé les énergies des bénévoles et des employés de l’Association francophone des années 1980 et 1990, le début du nouveau millénaire coïncide avec le développement de nouveaux services. Ces services répondent à des besoins spécifiques des francophones bien sûr, mais plus encore renforcent la présence des francophones et son influence dans la société nunavoise. L’Association francophone peut ainsi s’enorgueillir du développement de la presse écrite en français au Nunavut (hyperlien), de la création des services en développement économique francophone (hyperlien), ainsi que de l’important dossier de la santé en français au Nunavut (hyperlien).Chronologie de l'AFN
1981
L’Association Francophone de Frobisher Bay (AFFB) est créée.
1983
Obtention de la licence du CRTC de rediffusion pour la télévision de Radio-Canada à Frobisher Bay.
1986
Communications Canada accorde la certification nécessaire qui permet à l’AFFB de retransmettre le signal de Radio-Cité Montréal sur la bande FM.
1987
Avec le changement de nom de la ville, l’AFFB devient L’Association des francophones d’Iqaluit (AFI).
1988
- Obtention du butler de l’armée américaine par l’AFI qui l’achète pour 1$.
- L’AFN lance Le petit écho, bulletin de liaison, première publication écrite en français.
18 octobre
1989
Complétion de la phase 1 du Franco-Centre. L’Association inaugure le Franco-Centre!
1990
- L’AFI obtient de CBC North une heure d’antenne afin d’offrir une émission en français (les samedis après-midi entre 14h et 15h).
- René Lavallée reçoit le mandat de l’AFI de fonder une radio communautaire locale à Iqaluit. Un comité se forme autour du projet : Daniel Cuerrier, Linda McDonald (Présidente de l’AFI), Jean Thibault, Carole Terrien et René Lavallée. Plusieurs autres collaborations externes rejoignent l’aventure.
- Kim Ouellette devient la première employée de l’AFI à titre d’agente de développement. Elle est succédée par Daniel Cuerrier, puis Louise
Lafond.
1991
Fin de la phase 2 de construction du Franco-Centre.
1992
1993
- L’indicatif d’appel CFRT est réservé pour la future radio communautaire d’Iqaluit.
- CFRT (prononcé « c’est fret! ») reçoit le Prix de la meilleure recrue de l’Alliance des radios communautaires (ARC) « parce qu’elle est la radio francophone au Canada qui s’est mis sur pied le plus rapidement et avec le plus petit budget. »
1994
- Lancement officiel de la première radio communautaire francophone de l’Arctique, CFRT 107,3 FM.
- CBC Iqaluit offre des ateliers d’animation radio à Daniel Coulombe, Josée Tremblay et René Lavallée.
- 18 mars : soirée d’inauguration de la radio avec le groupe Hart Rouge.
1995
- Recrutement des 12 premiers animateurs bénévoles.
- Mise sur pied d’un conseil scolaire francophone.
1997
Début du magazine Toit du monde, qui présente des articles de fond sur l’actualité circumpolaire. L’aventure durera 8 ans.
1999
- Création du Nunavut. L’AFI devient l’Association des francophones du Nunavut (AFN).
- Le petit écho devient Le Placoteux.
2000
L’AFN rejoint le Réseau de développement économique du Canada (RDÉE Canada).
2001
- Ouverture de l’École des Trois Soleils.
- Création de la garderie les Petits Nanooks.
2002
Le Placoteux devient Le Nunavoix, journal qui couvre l’actualité des francophones du Nunavut avec passion, humour et engagement.
2004
- Création de la Commission Scolaire du Nunavut (CSFN).
- L’AFN rejoint la Société santé en français (SSF) du Canada avec l’initiative du comité SAFRAN (Santé en français au Nunavut).
- Célébrations des 10 ans de CFRT: entrevues avec d’anciens animateurs et spectacle de Steve Faulkner et Éloi Painchaud.
- L’équipe de travail de l’AFN compte 7 employés à temps plein.
2006
Célébration du 25 e anniversaire de l’AFN.
2008
L’Assemblée législative du Nunavut adopte la Loi sur les langues officielles (LLO) qui reconnait trois langues officielles: deux dialectes inuits,
l’anglais et le français.
2009
- Célébration du 15 e anniversaire de la radio. Une soirée fancy est organisée pour l’occasion avec à l’horaire diner, discours, prestations
musicales et prix de présence. Les bénéfices de la soirée seront investis dans l’achat de nouvel équipement pour la radio. - L’initiative du comité SAFRAN s’autonomise et devient le RÉSEFAN (Réseau de santé en français du Nunavut).
2010
L’initiative du comité RDÉE Nunavut s’autonomise et devient le Carrefour Nunavut.
2014
Création du Théâtre Uiviit.
2017
- Adoption du Plan de développement global, Les aspirations de la communauté franco-nunavoise, à l’horizon 2025,
- Diffusion audio en direct, continue et en ligne de la radio CFRT sur www.cfrt.ca.
2019 – CFRT célèbre le 25 e anniversaire de sa création.
2021 – L’AFN célèbre 40 ans d’existence.
– Début de la construction de l’agrandissement de l’école des Trois-Soleils
et de la garderie Les Petits Nanooks.
2019
CFRT célèbre le 25 e anniversaire de sa création.
2021
- L’AFN célèbre 40 ans d’existence.
- Début de la construction de l’agrandissement de l’école des Trois-Soleils
et de la garderie Les Petits Nanooks.
Liste des présidences de l’Association francophone
AFFB
1981 – 1982 Céline Lachance
1982 – 1983 Jean-Marie Méra
1983 – 1984 André Chabot
1984 – 1985 Jean-Marie Méra
1985 – 1986 Louise Doucet
AFI
1986 – 1987 Gilles Turmel
1987 – 1988 Jean-Yves Rancourt
1988 – 1990 Normand Plante
1990 – 1991 Charles Drapeau et Myriam Alisée
1991 – 1992 Claude Bergeron et Geneviève Ouellet
1992 – 1993 Geneviève Ouellet et Linda McDonald
1993 – 1994 Judith Paradis-Pastori
1994 – 1995 Daniel Auger
1995 – 1996 Suzanne Lefebvre
1996 – 1997 Jacques Fortier
1997 – 1998 Réjean Ouellet
AFN
1998 – 2000 Jacques Fortier
2000 – 2004 Paul Landry
2004 – 2005 Myriam Girard
2005 – 2007 Jacques Belleau
2007 – 2008 Suzanne Laliberté
2008 – 2010 Benoit Héneault
2010 – Guillaume Saladin
2010 – 2016 Éric Corneau
2016 – 2020 Mylène Chartrand
2020 – 2022 Goump Djalogue
Liste des directions générales de l’Association
1981 – 1990 L’AFFB et l’AFI sont entièrement gérées par des bénévoles.
1990 – 1998 Kim Ouellette devient la première employée de l’AFI à titre d’agente de développement. Danielle Cuerrier la succède à ce poste, puis Louise Lafond. L’équipe de l’Association s’agrandit progressivement.
Directions générales de l’AFN
1998 – 2009 Daniel Cuerrier
2009 – 2010 Danielle Samson
2010 Réjean Côté et Martin Thériault
2011 – 2012 Francine Lantin
2012 – 2015 – L’AFN est entièrement géré par les bénévoles du CA
2015 – 2018 Maxime Joly
2018 – 2020 Karine Baron
2020 – présent : Christian Ouaka



