Organisés annuellement durant le mois de mars, les Rendez-vous de la Francophonie (RVF) est un évènement à l’échelle nationale qui vise, par le biais d’une programmation variée, enrichissante et divertissante, à célébrer le Mois de la francophonie. Cherchant à promouvoir la langue française et les multiples expressions culturelles de cette dernière, les RVF sont chapeautés par la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures. Il s’agit de célébrer le 9,5 millions de personnes au Canada qui font vivre et rayonner le français, peu importe leurs origines et leur niveau de maîtrise de la langue.
Partout à travers le Canada, de multiples activités ont lieu et le Nunavut n’est pas laissé pour compte! L’AFN propose chaque année une programmation inclusive, multiculturelle et intergénérationnelle : théâtre, spectacle, rencontres, concours et plus encore!
Culture, francophonie, identité : «Tout est dans la rencontre»
PUBLIREPORTAGE – «Tout est dans la rencontre», soutient l’Ontarienne d’origine et Acadienne d’adoption Nancy Juneau. La culture, la rencontre, les émotions sont au cœur des activités des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) et contribuent à la vitalité francophone, tant personnelle que collective. En cette 25e édition, les RVF exposent la relation intime entre la culture et le développement identitaire.
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Enfant, Nancy Juneau, aujourd’hui présidente de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), écoutait Quelle famille et Un homme et son péché à la télévision, en famille. Pour sa part, Christine Dallaire, professeure à l’École de sciences de l’activité physique de l’Université d’Ottawa, était de tous les comités et de tous les rassemblements scolaires ou presque.
L’initiation à la culture, à la francophonie, pour elles, est arrivée à l’enfance.
«C’est là que nait l’étincelle, ajoute Lianne Pelletier, stratège en communication et professeure associée à l’Université de Sudbury, en Ontario. [C’est] dans la famille ou à l’école.»
Et ça fait son bonhomme de chemin. Quelques années ont passé et Christine Dallaire a assisté au festival de musique La Nuit sur l’étang à Sudbury. Nancy Juneau aussi, puis au Festival franco-ontarien à Ottawa. Ces deux évènements ont offert des moments de découverte.
«On présente des artistes issus de nos communautés en même temps qu’on nous fait découvrir d’autres artistes», s’émerveille Nancy Juneau. Pour elle, ça a mené aussi à la découverte de son identité culturelle personnelle, croit-elle.
Les émotions vécues en étant dans une foule comptent tout autant que la découverte culturelle, note Christine Dallaire, qui étudie ces manifestations, en particulier les Jeux de la francophonie canadienne. Ces rassemblements créent des émotions fortes. Et «à l’adolescence, au début de la vingtaine, on carbure aux émotions», fait valoir la chercheuse.

Ces émotions motivent «à revenir, à devenir bénévole ou entraineur, ou [à] continuer de travailler dans les organismes», a-t-elle constaté au fil de ses recherches. Les émotions que vivent les personnes présentes à ces évènements renforcent et perpétuent leur identité francophone, même dans une mer d’anglophonie.

Une affaire du quotidien
Si les émotions cimentent l’identité, elles ne suffisent pas. Il faut d’autres ingrédients. La francophonie a besoin d’une base dans le quotidien, «comme l’école qui est en français, les journaux et les médias, la musique en français», ajoute Christine Dallaire.
À ce chapitre, elle croit fortement en l’importance du sport. «C’est l’activité la plus fréquente et la plus populaire», plaide-t-elle.
Pour faire vibrer la fibre franco, il faut créer un environnement entièrement en français, et ce n’est pas toujours une mince tâche pour l’organisation : il faut penser musique d’échauffement en français, arbitres francophones, terminologie sportive en français.
Cet effort, ce choix conscient des organisations, normalise le français pour le participant en milieu minoritaire, où la masse pousse vers l’anglais.
Consultez les profils des communautés francophones préparés par les RVF
Seuls... ou avec d'autres
À l’instar de Nancy Juneau et Christine Dallaire, Lianne Pelletier aime les rassemblements entre francophones ou francophiles. Seuls, «on peut être fiers de notre langue, de notre appartenance, dit-elle. Mais on ne peut pas être Franco tout seul.»
Adolescente, elle a été de la FESFO, la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne. Cette expérience lui a permis d’ancrer son identité. «C’est là où je me rendais compte que ça existait d’être Franco-Ontarienne et que j’avais un privilège de faire partie de ce groupe-là.»
Elle a éprouvé un sentiment semblable au contact de l’Autre, comme participante au programme Katimavik à Coaticook ou aux études à Trois-Rivières, deux villes du Québec. «J’étais l’Ontarienne. Dans ces situations-là, on [s’] assume. On voit que chez nous, on fait les choses d’une certaine façon et qu’on valorise certaines affaires», fait-elle remarquer.

Nancy Juneau a vécu une telle mise en perspective de son identité à Jeunesse Canada Monde. «J’étais avec des Philippins, des Anglo-Canadiens de partout au Canada, des Québécois, des francophones de différentes régions», se souvient-elle. L’expérience a été déterminante pour elle.
Elle a un souvenir net des moments où les francophones, peu importe leur provenance, vivaient une communion culturelle – en connaissant les mêmes chansons, en ayant les mêmes référents… Ces instants étaient magiques et marquants.
«C’est par la rencontre qu’on découvre son identité», réitère-t-elle.
Elle revient à son univers professionnel : «Cette rencontre-là, c’est à ça que se consacrent nos membres [salles de spectacle, théâtres, festivals…] sur le terrain : créer l’occasion de rencontres en espérant allumer une flamme. Une fois que la flamme est allumée, la personne va chercher à la nourrir.»
Les RVF et l’ONF
L’Office national du film (ONF) s’associe aux RVF depuis 2005 pour offrir des projections de film partout au pays.
Cette année, l’ONF propose une sélection de 20 films qui peuvent être visionnés par thème ou à la carte.
Parmi la sélection de cette année, Assez French, d’Alexis Normand, l’une des porte-paroles des RVF, met en relief les combats et les victoires que comporte la reconquête de l’identité canadienne francophone dans les Prairies. L’Acadien Phil Comeau propose L’Ordre secret pour faire la lumière sur L’Ordre de Jacques-Cartier.
La sélection des films de l’ONF est disponible ici.
La suite
Sur le plancher des vaches, l’offre demeure bien vivante, pour nourrir la flamme. Il y a des festivals, des rassemblements annuels, des spectacles, de la musique, des livres, des films. Après tout, la francophonie canadienne compte à la douzaine des diffuseurs de spectacles, des radios, des journaux, des maisons d’édition, des théâtres et des boites de production.
Les francophones du pays les appuient pour le divertissement, pour la «cause» ou par gout de la découverte. Certains qui ont vécu à l’adolescence cette communion, ces émotions fortes, voudront retrouver ce sentiment.
«Tout est dans la rencontre», disait plus tôt Nancy Juneau. Et dans le plaisir, pourrait ajouter Christine Dallaire, qui a vu des centaines d’yeux briller lors d’évènements à grand déploiement

Les RVF nous gardent en santé par le rire
PUBLIREPORTAGE – C’est notamment sous le signe de l’humour que les Rendez-vous de la Francophonie célèbrent leur 25e anniversaire, du 1er au 31 mars 2023. En plus d’être rassembleur dans les communautés, l’humour est aussi bon pour la santé.
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Pour Louise Richer, fondatrice et directrice générale de l’École nationale de l’humour de Montréal, si l’humour a su traverser les époques, c’est qu’il joue un rôle central dans nos sociétés. «C’est un moyen de conserver et d’alimenter un état de bienêtre. Il est au service du côté lumineux de la force.»
Pourtant, le rire n’a pas toujours été pris au sérieux. «L’humour a longtemps été cantonné à la vie personnelle pour dédramatiser, relativiser, s’apaiser, réduire les tensions […], mais comment se fait-il qu’une fois qu’on passe la porte professionnelle, cela s’évapore?», s’interroge Louise Richer.
Selon elle, ce trait d’esprit reprend aujourd’hui «ses lettres de noblesse».
Place aux humoristes en herbe
Avec le concours Les As du rire, les Rendez-vous de la Francophonie, en collaboration avec Juste pour rire, ont permis à des humoristes amateurs francophones et francophiles de 13 ans et plus de faire valoir leurs talents en soumettant une vidéo d’humour originale. Un jury, composés d’humoristes professionnels, dont Mario Jean, a sélectionné les dix francophones les plus drôles au pays.
Le public peut dès maintenant voter pour son humoriste en herbe favori du 1er au 31 mars sur rvf.ca

L'humour à l'avant-scène
Janet M. Gibson, professeure de psychologie cognitive au Collège Grinnell, en Iowa, souligne dans La Conversation que «les chercheurs considèrent même désormais le rire comme un facteur d’amélioration potentielle du bienêtre physique et mental».
Les effets physiologiques du rire sont connus, rappelle Louise Richer : «À savoir, la sécrétion d’endorphine et la diminution des hormones du stress.»
À l’Université d’Ottawa, le Dr Francis Bakewell, directeur du programme de Médicine, éthique et humanité au Département d’innovation en éducation médicale, évoque même les bienfaits possibles d’intégrer une formation sur l’humour au cursus du programme de médecine.
«Il y a comme une réhabilitation de l’humour, une valorisation qui n’était pas présente il y a à peine quelques décennies», remarque Louise Richer. Y compris dans le monde du travail.
«Dans une société de performance où le stress est à son maximum, on est capable de voir comment cette injection-là, cette couleur-là de l’expression est un élément central et de cohésion, poursuit la directrice. Ça se reflète aussi dans les modes de gestion, dans les théories entourant le leadeurship, dans les attributs qu’on recherche dans les qualités d’un leadeur […] On est dans un processus de plus en plus de déhiérarchisation.»
Santé mentale et sociale
Le rire permet en outre de réduire le stress, de briser la glace. Il agit dans «tous ces moments où on vit une tension certaine», observe Louise Richer.
«Si on tombe dans le négatif, souvent l’humour va être un levier pour ramener l’état émotif soit au neutre soit en situation positive. […] Ça nous aide, lors de notre tour de piste sur Terre, à être capables de traverser les épreuves.»
Un vecteur d’autant plus important, selon elle, en cette période post-COVID, où «on se retrouve comme des êtres carencés affectivement». Car rire reste avant tout un moment de partage : «Quand on rit ensemble […], on se reconnait dans l’autre parce qu’on a compris la blague, on a des références mutuelles.»

Référent culturel francophone
En situation minoritaire, ce potentiel comique peut aussi devenir un élément fédérateur, assure Jonathan Dion, formateur dans le cadre du concours LOL-Mort de rire. Pendant les Rendez-vous de la Francophonie, l’humoriste est d’ailleurs membre du jury pour le concours de vidéos Les As du rire, catégorie jeunesse.
«L’humour a toujours été utilisé pour désamorcer certaines situations. […] Justement en étant minoritaire franco-ontarien, ça fait du bien d’en rire sur scène et de parler de cette situation-là, car c’est une situation que j’ai toujours vécue, que je connais très bien, mais qui mérite aussi d’être abordée dans des spectacles», témoigne-t-il.
Pour une dixième année, les Rendez-vous de la Francophonie, en collaboration avec Juste pour rire, font circuler l’humour en français dans des villes moins fréquentées par les artistes. En mars, l’humoriste Mario Jean se rendra notamment à Yellowknife, Calgary et Winnipeg où il partagera la scène avec notamment Rachelle Elie de l’Ontario, Luc Leblanc du Nouveau-Brunswick et Eddie King, l’un des porte-paroles des RVF 2023.

Peut-on apprendre à être drôle?
«Je ne pense pas que tout le monde soit capable d’être drôle sur scène, mais tout le monde peut essayer. Sans l’essayer, on ne saura jamais ce que c’est notre potentiel», confie Jonathan Dion.
Pour lui, être drôle sur scène et hors de la scène sont deux choses complètement différentes. «Mais dans l’humour, on est capable de trouver soit notre force, soit notre faiblesse. Soit par la présentation du numéro ou par son écriture.»
Le Franco-Ontarien conseille d’ailleurs aux jeunes qui participent au concours de se rendre jusqu’à la fin de la compétition. «J’adore parler aussi de stress pendant mes formations, et comment l’humour est capable d’enlever ou de diminuer l’anxiété.»
«J’ai toujours trouvé que l’ambiance dans un milieu francophone avait un petit quelque chose de brillant, partage Jonathan Dion. On dirait que la francophonie est toujours capable de faire rayonner une fluctuation.»
Le Franco-Ontarien s’est déjà essayé à des scènes dans la langue de Shakespeare, mais «ce n’est pas la même chose», avoue-t-il. «En étant minoritaire […], on a encore plus d’impact, on est encore plus capable de faire rire notre public parce qu’on a partagé une réalité semblable.»



